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vendredi 13 avril 2007, 17h43
LAGOS (AP) - Un jingle de campagne diffusé en ce moment au Nigeria résume les attentes fondamentales de la population: "Donnez-nous vie et sécurité (...) nourriture, eau et abri." Samedi, les électeurs du pays le plus peuplé d'Afrique sont appelés à désigner gouverneurs et parlementaires, avant de retourner aux urnes une semaine plus tard pour choisir un successeur au président Olusegun Obasanjo. Dans cet Etat d'Afrique occidentale -l'un des principaux producteurs de pétrole- où règne la corruption, ces élections suscitent l'espoir d'un quotidien meilleur au sein d'une population parmi les plus pauvres de la planète. Les blessures du Nigeria sont cependant profondes et à en juger par la campagne acrimonieuse qui doit ouvrir la voie au premier transfert de pouvoir entre civils, une nouvelle aube pourrait bien ne pas poindre après le scrutin du 21 avril. La course à la présidence s'est révélée chaotique dans ce pays de 140 millions d'habitants, divisé en 36 Etats. Les affrontements politiques ont fait des dizaines de morts et les craintes d'irrégularités se sont réveillées. Pour Peter Takirambudde, de l'association Human Rights Watch, il semble "évident" que "les électeurs nigérians seront encore confrontés à la menace de la violence, de l'intimidation et de la fraude". Des allégations que balaie le gouvernement. D'après lui, le président Obasanjo n'a pas ménagé ses efforts pour assurer une "transition pacifique" vers "une autre administration déterminée et progressiste le mois prochain". Vendredi, le chef d'Etat a affirmé que les autorités ne toléreraient ni violence ni perturbations dans le déroulement du scrutin, suivi par des observateurs européens et américains. Les forces de sécurité ont été placées en état d'alerte élevée. Le président Obasanjo a aussi conseillé de limiter les déplacements durant la période électorale. En réponse aux attentes de beaucoup de Nigérians, les publicités électorales promettent de remédier aux maux quotidiens (eau impropre à la consommation, manque d'écoles publiques ou de centres de soins, criminalité...). Tous les candidats s'engagent à faire profiter le pays de l'immense potentiel que lui confère son statut de premier producteur africain de pétrole. Mais beaucoup usent d'une rhétorique entendue depuis des décennies. L'un des principaux candidats est le général Muhammadu Buharri, homme fort de l'ère militaire des années 80 qui a été au pouvoir 20 mois seulement. Son régime était connu pour ses violations des droits de l'Homme, mais nombre le jugent apte à tenir tête à l'élite politique corrompue. Le vice-président Atiku Abubakar (Action Congress, AC), longtemps parmi les principaux candidats, a été écarté de la course après avoir été reconnu coupable de corruption par un comité mis en place par le chef d'Etat, son rival politique. La division avait éclaté au grand jour l'an dernier quand les partisans du président avaient tenté, en vain, d'amender la constitution afin qu'Obasanjo puisse briguer un troisième mandat. M. Abubakar, qui conteste les conclusions du comité, a engagé une action en justice. On ignore si la procédure sera bouclée le jour du vote. Un autre candidat sérieux est un homme timide, largement considéré comme le successeur désigné d'Obasanjo. Il s'agit d'Umaru Yar'Adua, gouverneur de l'Etat de Katsina (nord), investi par le parti au pouvoir (Parti démocratique des peuples, PDP). Fort de ce soutien, il a une bonne chance de l'emporter parmi la vingtaine de prétendants, même si peu de Nigérians connaissent cet ancien professeur d'université. Souffrant de problèmes rénaux, il a dû se rendre en Allemagne pour y subir des soins en mars. Lui aussi promet le changement, tout en évoquant une stabilisation du pays et une amélioration des conditions de vie après huit ans de présidence Obasanjo. Reste, notamment, que dans le sud, dans la région pétrolifère de l'ex-colonie britannique indépendante depuis 1960, des violences accrues ont entraîné une chute de près d'un quart de la production quotidienne nationale de brut, faisant monter les prix. Les rebelles revendiquent un meilleur partage des richesses. AP cr/v/st
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